04/12/2007

L’Europe scelle un accord sur Galileo


Le Soir,

vendredi 30 novembre 2007, 08:20

Les pays européens se sont mis d’accord jeudi à la majorité qualifiée, sans l’Espagne, pour poursuivre le programme de localisation par satellite Galileo, projet technologique phare de l’Europe et futur concurrent du GPS américain à partir de 2013.

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Nous sommes en mesure de mettre Galileo en bonne marche pour 2013 et offrir aux Européens de très nombreux services », s’est félicité le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot, devant la presse.

Galileo promet une précision de localisation au mètre près, contre parfois une dizaine de mètres pour l’actuel GPS (Global Positioning System).

Il était grand temps : le projet européen a accumulé plus de cinq ans de retard par rapport au calendrier initial, tandis que les Etats-Unis préparent une nouvelle génération de GPS aux capacités décuplés.

Galileo avait obtenu un financement public intégral dans le budget 2007 et 2008 de l’Union européenne à l’issue d’un compromis arraché vendredi dernier.

Forts de ce financement communautaire (obtenu malgré un refus de l’Allemagne), les ministres des Transports de l’UE se sont mis d’accord jeudi sur l’organisation des futurs appels d’offres industriels, permettant de donner enfin un feu vert au programme.

Intransigeance espagnole

Finalement, 26 pays de l’Union européenne sur 27 ont approuvé un texte d’accord politique.

Mais la belle unanimité, qui aurait dû accompagner le feu vert donné à ce projet emblématique des ambitions technologiques européennes, n’était pas au rendez-vous. La soirée s’est terminée dans l’exaspération des délégations face à l’intransigeance espagnole.

L’Espagne a pourtant obtenu ce qu’elle voulait, ont relevé la Commission européenne et la présidence portugaise.

Avant elle, au cours des derniers mois, l’Allemagne avait négocié bec et ongles pour défendre ses intérêts nationaux, au nom d’un « juste retour » à son territoire des investissements consentis.

Mais la Commission avait déployé d’énormes efforts pour la rallier.

L’Espagne doit en fait abriter un centre au sol, chargé du signal dédié spécifiquement à la protection civile (« Safety of Life »), utilisé en cas de problème dansle domaine de la sécurité maritime, aérienne et ferroviaire.

Or, Madrid a insisté pour disposer, comme l’Allemagne et l’Italie, d’un véritable centre de contrôle au sol vérifiant le fonctionnement de la future constellation de 30 satellites et leurs transmissions vers la terre.

Les autres pays ont accepté que le centre au sol espagnol « Safety of Life » soit « éventuellement » transformé d’ici 2013 en centre de pleine capacité, a indiqué M. Barrot.

Les points de désaccord avec l’Espagne portaient en réalité sur quelques mots quant au rôle de ce centre par rapport aux autres centres allemand et italien et pas surle fondamental, a expliqué le secrétaire d’État français aux Transports, Dominique Bussereau.

Un gâteau de 3,4 milliards d’euros

Commission européenne et États membres ont dû jeudi trouver un équilibre entre les règles habituelles de stricte concurrence etle fait qu’un certain nombre d’entreprises ont déjà travaillé sur le projet depuis sept ans, dans le cadre de la phase initiale de développement.

Le gâteau à distribuer (doté de 3,4 milliards d’euros jusqu’en 2013) sera divisé en six lots : satellites, lanceurs, logiciels, relais au sol, centres de contrôle, gestion de l’ensemble. Une entreprise chef de file chapeautera chacun d’eux.

Mais le projet de texte de compromis examiné par les ministres européens « n’exclut pas » que deux groupes puissent répondre à un appel d'offres sur les six grands lots « y compris les satellites ».

Les six lots du programme sont assortis de règles de non-cumul (pas plus de deux par groupe) et d’obligations de sous-traitance (à hauteur de 40 %), de quoi faire participer aussi un certain nombre de PME européennes.

(d’après AFP)

 

Leonas 

19:04 Écrit par Jean-Michel ( Leonas ) dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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